Palestrina et l’utilisation de l’accord parfait

Au début du 16e siècle le plaisir d’ajouter à une note sa tierce et sa quinte émerge, c’est la naissance de l’accord parfait. Palestrina, un compositeur va utiliser cette combinaison.

Naissance de l’accord parfait

Comme l’énonce Jacques Viret :

« L’ « accord parfait » médieval se bornait depuis 1200, à la quinte et à l’octave […] la combinaison inverse, quarte et octave (do-fa-do) était tombée en désuétude ».

C’est donc avec la combinaison d’une tierce et d’une quinte à une note que l’harmonie classique naît. Pourtant ce n’est qu’en 1558 que cette harmonie classique sera édictée par Gioseffo Zarlino.

L’accord parfait avec ses renversements ne sera par ailleurs théorisé qu’en 1722 avec Jean-Philippe Rameau (1683-1764).

Palestrina

Giovanni Pierluigi da Palestrina est un compositeur du 16e siècle. Né en 1525 et mort en 1594, il va utiliser des accords parfaits dans ses compositions.

Par exemple, la composition de Palestrina « Stabat matter »  exprimant la douleur excessive de Marie, mère de Jésus Christ, utilise des accords parfaits.

« Il imagina les trois accords parfaits majeurs qui descendent d’un degré, multiplie les sensations de tons différents sans liaison, et font éprouver à l’oreille un effet pénible, à cause des fausses relations qui se succèdent » Fetis François Joseph (1784-1871)

Dès le début du texte  des accords parfaits sont présents. On trouve par exemple trois accords parfaits sur les mots « Juxta crucem ». Palestrina utilise également un accord parfait mineur pour symboliser les larmes de Marie.

Stabat Mater dolorósa /Juxta crucem lacrimósaDum pendébat Filius traduit comme : A la croix elle se tient / Marie se leva en pleurant, quand son fils a été crucifié.

A écouter : la composition « Stabat matter  »

 

Petite note : Richard Wagner adapte le Stabbat Matter de Palestrina en 1848 pour son concert à Dresden avec une transcription du latin à l’allemand. Pour aller plus loin je vous propose de feuilleter ici la partition-adaptation de Wagner.

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Bibliographie

Abromont Claude, Petit précis du commentaire d’écoute, Fayard 2010

Viret Jacques, B.A-BA Musique médiévale, Éditions Pardès,2005

 Fetis François Joseph, Traité de la théorie et de la pratique de l’harmonie, Bandus et cie, 1875

www.stabatmater.info/componist/palestrina/

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